blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
Cet après midi Esteban n'arrivait pas écrire cette "lettre excuse" pour reprendre une place au milieu du grand tourbillon, du vieux monde en chute. Quelque chose faisait résistance, quelque chose de physique, un gros bug dans la machine, peut être une...
Elle lui avait donné rendez-vous dans l'obscurité bleue, c'était y a longtemps, un été où les blés avait séché, un été au milieu des phragmites, des craquelures du sol des marais, un été rempli d'odeur de réglisse, il n'avait rien vu venir que l'appel...
Parler à un ami un soir de surchauffe et d'inertie volontaire, pour jouer sa vie sur des coups de dès à la lueur des chandelles, et changer de chemin, refaire le mur, et basculer dans l'autre monde, sans désespérance, aux portes de l'orient, en espérant...
En traversant la petite Babylone, Arthur croise des bouts d'écorchures urbaines et des spasmes névrotiques et graphiques dans les recoins anonymes de ruelles essoufflées. Des signatures instantanées, des mots chiffons, des alibis d'ego, des prétentions...
En redescendant de la montagne, le corps allégé et le cœur apaisé, Esteban pensa qu'il avait, même à cet age au croisement des décades, encore de belles choses à faire, à construire, à écrire, à dessiner ou encore à cultiver. Cette idée d'abord hésitante...
Inciser, couper, étirer les mots chairs sans vergogne, sans laisser le temps de se retirer, de s'échapper. Introduire la lame juste à l'endroit de l'articulation, dans cet interstice du doute et du lapsus. Hors du contrôle. Là où cela fait mal, là où...
« Et dire que tout ceci n'est qu'un rêve, une chimère, une issue imaginaire pour des âmes désespérées dont les corps sont prisonniers sur ce foutu bout de caillou. Oui tout ceci n'est qu'une illusion. Le temple de la Praxis n'existe pas. Ces vallées merveilleuses...
Joachim avait du mal dormir ces soirs de grosse lune gonflée de tristesse. Là haut la belle ronde sifflotait un air si attendu et si réconfortant qu'il ne pouvait y échapper. C'était comme une petite mélodie qui s'était introduit un jour dans son intime...
En arrivant sur la plage, Esteban fut d'abord ébloui par cette lumière presque irréelle. Il s'émerveilla ensuite du bleu laiteux de la mer qui l'invitait au bain purificateur. Le premier contact fut timide bien que soudain, comme des retrouvailles avec...
Çà s'est passé y a longtemps. Il y avait des tas de trucs bizarres, des erreurs de production. Le genre "grande cuisine en vrac" avec des bouts d'improbables, des poisons en puissance, des atomes et molécules inutiles et désespérément seuls, des liaisons...
Arthur a mal à la tête de trop de mots en lie, indigestes. Trop de mots moribonds, mous ou malades, agités comme des chiffons rouges de l'existence. Des salissures obstinées, des suintements noir pétrole sur des paroles arc en ciel. Des déguisements minables...
Elle oscille devant les pas de Jack, égrenant des litanies connues au goût indécent qu'elle ponctue de jolies virgules charnues. Des invitations délicieuses à la chute que Jack aimerait suivre dans toute la ville jusque dans des escaliers secrets et tordus...
Elles viennent ici comme cela sans prévenir. Elle se contrefoutent de la forme, de la bouche qui les prononcent, ni même des oreilles qui les entendent. Elles font leur chemin aussi inéluctablement que l'eau surprend aux interstices de la roche et balaie...
Sans artifice, je veux aller sonder cette matière étrange, souveraine et dansante, sans l'artifice de l'élégance et de la convenance des modes compulsives. Sans même, sans surtout pas l'élégance de la négligence, je veux les matins « couteaux » encore...
Joachim en demandait encore. Il voulait du sable fin, des vapeurs de rhum et de tequila, les pieds nus grésillant sur les traces des mamans tortues. Il irait danser avec la « grosse mère », les mains farouchement agrippées à ces rondeurs frétillantes....
Carnes animadas Dans mes chairs animées, je bouscule les incertitudes des globules, traque les recoins secrets de la grande dame noire. J'enveloppe, je tourne, j'exécute, et j'oblige à la grande circulation. Je n'ai plus peur du réveil, des tourments...
Par dessus les toits, j'irai jouer au chat de gouttière et m'amuser avec des hasards de lune sur des angles de murs paresseux. Je jonglerai avec les promesses folles de mon palpitant tachycarde et les mirages d'amour rencontrés au cœur des caves à rêve....
Au bal des bienvenus et des condamnés à aimer Simon s'ennuyait profondément. Ce n'était nullement la faute des convives, multitude d'éclats multicolores qui distrayait son esprit chagrin, ni les multiples « fallait pas » qui s'étalaient généreusement...
J'ai écrasé « Popinette » et jeté aux ordures des vieux bouts de « ruminage ». J'ai laissé filer le temps avec les promesses criantes et volantes des chaleurs estivales. J'ai sourit au monde naissant les yeux encore baillant de mauvais rêves et le corps...
Dans le sourire de Santiago Joachim reprit le souffle de sa vie. Au croisement des décades, l'homme titubant et indécis avait traversé la grande mer pour trouver la réponse. « Es un buen dia para cambiar » s'affichait comme un message véhément sur le...
La cathédrale était en ruine et prenait l'eau mais les fidèles se pressaient chaque jour plus nombreux comme une force de plus en plus puissante, un flot grandissant qui menaçait l'équilibre de l'ensemble. Comme après une longue guerre ou une révolte...
L'air sentait le jasmin et des rumeurs de source bouillonnante attisait le cœur d'Anarouz. Contemplant le rougeoyant des nuages crépusculaires, il sourit aux grands temps qui s'annonçaient, aux derniers soupirs de l'empire et aux beuglements affolés des...
Au diable l'avarice, le regain était joyeux et obstiné; il suffisait juste de faire la moue aux interstices malheureux des fêlures du destin, s'amuser et rire grassement à ce géant imbécile qui croit mener le monde et ouvrir son cœur au raz de marée des...
Arthur avait décidé de s'y mettre et de ne plus lâcher; il ne voulait plus s'arrêter. L'occasion était trop belle, l'espace trop grand pour ne pas le remplir. Enfin tout était là; il voulait aller jusqu'à l'épuisement et sentir cette densité s'accroitre...
Pas très loin du vide, Simon regarde l'horizon glacé et respire à grandes bouffées comme un enfant affamé l'air nouveau. Il se surprend à être seul là au beau milieu du précipice. L'étrange matière multicolore est là pour le rassurer et guide amoureusement...