blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
L'air sentait le jasmin et des rumeurs de source bouillonnante attisait le cœur d'Anarouz. Contemplant le rougeoyant des nuages crépusculaires, il sourit aux grands temps qui s'annonçaient, aux derniers soupirs de l'empire et aux beuglements affolés des barbus en tout genre. Il failli éclater d'un grand rire libérateur en pensant à leurs faces contrites et souffrantes devant un monde qui ne leur appartenait déjà plus. Il jubilait en repensant à l'image de ces vieilles bigotes souffreteuses, et exhibant leur aigreur comme un gage de vertu, se désoler de ces grands chœurs désormais vides. L'esprit avait déserté les faux temples de pierre, artifices grossiers que l'homme avait cru bon de bâtir au mépris des messages anciens et des vérités toutes simples des vieux sages, au détriment des ces jouissances terrestres et au prix de sacrifices inutiles. La vieille garde avait cru trouver l'occasion d'une nouvelle vigueur dans ce regain spirituel qu'elle croyait sienne sans imaginer un seul instant que le jour de la Pâques colérique était arrivé et que les marchands des âmes avaient définitivement été invités à quitter les lieux, ceux là même qui arboraient les visages hideux des négociants de morale et d'éthique compromis au pouvoir. Leur temps avait sonné et Anarouz saluait ce crépuscule des bigotes en caressant tendrement la main de ce nouveau temple au visage si doux.