blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
La source semble tarie pensa Arthur. Il hésita quelques instants devant le sombre alphabet. Il ne voulait pas pas la contraindre. Juste attendre le bon moment. Il savait l'eau proche prête à jaillir. Il voulait dépasser cette apparence trompeuse. Il prit...
A trois pas, le repli. Une source belge pétillante et enivrante. Juste assez amical pour ne pas sombrer trop loin, s'inonder sans raison et couler avec des inconnus. Il fallait bien çà pour ne plus entendre les clameurs des souffreteux qui priaient la...
Simon échoua sur la grève de mousse amère, semi comateux. Des plombes qui n'avait pas mouillé sa barque comme çà. Sale échouage des temps anciens. Au port la même gueule et silhouette élancée et discrète, presque inhospitalière. Idéal pour l'homme à la...
Las il se retrouva dans ce petit réduit improvisé, entre le frigo et la cuisine, sans solution. Un long torrent entraina avec lui des épluchures de carapace, des prétextes et diversions. Là il la revit la vieille mère, et demanda si le voyage était pour...
Ce soir, Simon sent ses cellules comme assoiffées absorber les notes et les pulsations de cet orchestre erratique. Il ne comprend pas tout mais ferme les yeux et respire. C'est une cascade d'étincelles improbables qui courent sur sa peau. Simon s'enivre...
La petite fille avait souri à Simon, reconnaissante. Le vieil homme lui avait parlé de ce don que chacun a, du grand cadeau simple de cette vie et Simon le cœur gros de ces hésitations sur le chemin, las de son pas trop lourd trouva dans cette présence...
Des nuits en décroche qui ne voulaient ni commencer ni finir. Morris en avait assez. Il aurait aimé des pauses pour ses jours de luttes. Mais cet horrible sentiment de flottement s'obstinait sans laisser d'autre place. Impossible de lâcher ou de faire...
Pour elle on était toujours lundi, et c'était mieux. Mieux ainsi à l'approche du siècle que de rester en début de semaine. Question de cycles. Et ses rides racontaient l'histoire en cours , la sienne aussi, de cet homme déjà trop âgé pour ne pas compter,...
Elle avance inexorablement vers les nouveaux matins avec son corps cathédrale et navire de combat, la gorge déployée comme un étendard de guerre. Rien ne lui résiste. Le monde lui appartient et dans le grand tourbillon qui l'accompagne, les poils des...
Des mots comme des ilots, des phrases comme des iles, des chapitres comme des archipels, Arthur, se laissait dériver , entrainé par des courants dont il ne savait plus la direction, au gré des reliefs plus au moins accueillants, sans espérer finalement...
Elle était plantée sur son sofa, le corps las d'une humanité qu'elle ne comprenait pas et blessée par une douleur baillant qui faisait tache dans son salon. Faussement lascive elle avait planté ces lames dans ce corps qui s'était volontairement donné...
Il l'avait répété : « Haga lo! » face aux questions répétées et insistantes de Simon. « Haga lo siempre !..porque si no lo hagas, si no salgas eso, se queda en tu mente y te vuelve enfermo » ainsi dit-il en tenant la main de Simon suivant du regard des...
Sur un bout de papier, la plume volubile et rêveuse il refaisait le monde. Dans ce bistrot de quartier, à deux pas de son intime, juste assez ouvert sur le monde pour ne pas trop s'isoler, il laissait alors son esprit travailler au grand chantier. Il...
Il avait cela en tête. Un crépitement sourd qui ne voulait pas partir et le laisser tranquille. Qu'à cela ne tienne il avait d'autres urgences. Il s'en tirerait, arracherait ses bouts de peau des trottoirs trop amicaux pour se mettre en avant vers la...
Morris remonta la longue rue pavée. La tête bourdonnante. Il vit défiler les écrits criards sur les murs anciens de la petite ville bourgeoise, sans aucune curiosité. Il ne savait pas trop où aller. Plus encore maintenant que les fois précédentes où les...
Il lut quelques lignes et s'en alla, fatigué par ces hésitations de l'âme, par ces brides de l'esprit qui taisaient la chair. Il l'aurait préféré violente, aimante, affamée et dévoreuse de sens, sans limite que celle du juste ressenti. Il aurait aimé...
"Tu es pressé d’écrire Comme si tu étais en retard sur la vie S’il en est ainsi fais cortège à tes sources Hâte-toi Hâte toi de transmettre Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance Effectivement tu es en retard sur la vie La vie inexprimable...
... croisée sur une rumeur d'écume, un soir d'estive, sur le piémont, à mi descente. Elle était pressée avec des bouts de mots volatiles. Une tentative hésitante, pour un point de reprise, un bras qui s'effiloche en politesse sur sa fatigue concluante...
Il avait commencé en relier les pièces de sa vie, de ses rencontres et de ses idées tombées là comme çà au milieu du chemin. Il n'avait pas d'idée précise sur le motif final, et n'en voulait pas. Organiser et projeter aurait été mentir, tromper cette...
"Tu as été l'époque la plus belle de ma vie. C'est pourquoi, non seulement je ne pourrai jamais t'oublier, mais je t'aurai constamment dans ma mémoire la plus profonde, comme une raison de vie. J'ai immédiatement compris après ton départ combien la vie...
Deux perruches sur une carte postale, et un os dans la chaussure, et dans le palpitant. Une belle image exotique, et un fantôme dont les apparitions semblaient avoir perdu de leur sens aux yeux de Joachim. A l'heure sonnée de l'été, elle était réapparue,...
Leurs ballets mécaniques et sonores marquaient chaque espace de la petite Babylone. Fourmis affairées au nettoyage des rues et places, ils assuraient aussi les basses besognes de police en poussant plus loin, avec en guise de matraque une balayette tournante...
Joachim se rappela la douceur froide du bois lustré de ces vielles rampes d'escalier des immeubles bourgeois. Alors lui revint des parfums délicieux d'air emprisonné dans des siècles passés des intérieurs anciens et cossus. Il revit le Paris de juin,...
En litre poussières, il avait repris sa soulerie, en s'abstenant d'y prendre garde. En litres poussières, il râperait le zinc de son bras langueur, sans se soucier du sens et du regard étonné de ses voisins éphémères. Il voulait revenir sur la place,...
Joachim décida dans la confusion des choix et des possibles qui s'offraient à lui, guidé par cette pulsion du moment et entrainé par ce printemps qui s'empressait, de semer à l'aveuglette. Même sans savoir si un jour il trouverait une terre bienveillante...