blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
Au départ rien n'est clair. C'est
juste des intuitions. On ne sait pas vraiment où on va. On enrage de ces demandes insistantes de l'autre pour comprendre. L'absence de signalétique déconcerte et les doutes entraperçus sont
blessants. On cherche les mots pour expliquer vainement car on sait déjà que c'est peine
perdue. Frustrés, on s'affaire alorsà l'ouvrage, se repliant dans cet ostracisme laborieux. Il faut se protéger du promeneur solitaire et distrait sans agressivité ou mauvaise intention mais
qui seulement un court instant aveugle, détruit en quelques secondes l'ouvrage si patiemment réalisé. Enfin pour peu que l'on ait échappé à la tentation de l'abandon, ou de la distraction
destructrice d'un proche, on achève l'ouvrage; épuisé on ne souhaite que l'oublier. L'ego se flatte quelques temps en le regardant et l'admirant mais cela ne dure pas vraiment. Or un jour ou un
soir, l'éclairage a changé, nous sommes devenus le promeneur solitaire et nous observons ce « clin d'œil » du chemin. Alors tout s'éclaire, l'ensemble trouve enfin sa raison et son
harmonie. Les liens entre chaque élément deviennent une évidence. Ce qui nous semblait une faiblesse, une dispersion, ces apparentes pertes de temps, ces rendez vous chrono-phages qui nous ont
fait tant douter s'avèrent les éléments de force de l'ensemble. La pièce qui paraissait incongrue, que l'on a eu tant de mal à se convaincre d'inclure dans le grand chantier, celle-la même dont
la place nous paraissait indéfendable, celle-la même pourtant qu'une force irrépressible nous poussait à accepter, trouve enfin sa place. C'est une pierre angulaire, le point de force de
l'ensemble.
Ce matin là, le cœur avide de signes on se penche sur ce drôle d'ouvrage qu'on a failli oublier. Alors, couverte encore de rosée, la toile s'étale ainsi, pleine de lumière et semble nous dire : « continue d'écouter ».