blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
Il avait machinalement reposé encore
une fois sa truffe glapissante sur le zinc froid réclamant sa gamelle d'eau fraiche. Mais il n'était plus là, déjà parti ailleurs, vers d'autres ports plus sauvages, la truffe curieuse dressée au
vent. Il allait trainer sa carcasse sur d'autres routes plus prometteuses que l'espace exiguë d'une cuisine mondaine. Il regretterait surement la tape ou la caresse amicale de la maitresse du
lieu. Il aurait surement des relents nostalgiques de son parfum, de la douceur de sa peau les soirs d'été solitaires dans les senteurs des moissons, sur le bord du chemin sans fin. Mais à vrai
dire, il s'en moquait car, ce n'était pas le lieu qu'il fuyait mais cette langueur nasale, cet abandon résigné aux douceurs illusoires et piégeuses. Il voulait dire adieu aux tête à tête des soirs d'accroche
amer, aux monologues pétillants, et s'envoler vers d'autres destinations. Au moins un temps pour gouter le goût du large et des embruns caustiques.