blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
Simon avait
appris ce soir là; simple conscience qui se réveillait; c'était juste un murmure. Une voix qu'il avait déjà bien sûr entendue. Elle était exacte et juste, comme une évidence. Elle, elle avait su
trouver les mots, les gestes, le temps pour installer la confiance nécessaire. Il se laissait faire comme un enfant se confie; il n'était plus question de mots. C'était presque tout le contraire.
Oublier les jugements, le mental et l'objet roi sacré. Il suffisait juste de retenir l'instant, cette douce sensation, la libération que le corps attendait. Elle, elle suivait, l'accompagnait;
Simon ne cherchait pas à comprendre; Trop d'erreurs et d'impasses prises. Des choses noires et « lourdes » sortaient parfois au gré des mouvements, mais cela n'avait plus cette
prégnance et cette persistance. Cela ne faisait que passer. C'était comme l'eau d'un tissu qu'on essore, comme la vapeur d'eau qui s'échappe d'un linge qui sèche une après midi d'hiver. C'est un
poids qui s'en va, un mémoire qu'on oublie enfin. Quelque chose s'était réveillé quelque part. Il ne cherchait pas en savoir plus. Il avait cette certitude que la machine était en marche. Elle
surement ne comprenait pas tout non plus. Elle pressentait une certaine magie, un souffle; Il ne voulait pas la détruire. Apprendre à mieux la percevoir, à l'apprivoiser, à l'aimer. Simon sentait
ces traces infimes d'éveil qui s'éclairaient dans son corps comme ces notes juste esquissées de ce slameur dégingandé, ou la vibration de ce tambour. Une houle légère qui agitait ses cellules.
C'était là dans un chemin abrité, qu'il avait juste créé pour cela que cette sensation pouvait enfin éclore. Bien sûr il y avait encore les faux pas, les errances, les résistances et blocages de
toute sorte, mais l'homme avait commencé à marcher.. grâce à elle.