blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
C'est un vieux fossile que l'on piétine allègrement dans l'anonymat
général. Les hasards des découpes l'ont placé là au cœur de la ville sa moitié tranchée exposée impudique à la foule grouillante et affairée de cette grande place. Combien de passants pressés de
ne pas rater es dernières bonnes affaires, les bras chargés par leurs récents achats, ont cédé à la curiosité et pris le temps de scruter les dalles pour apercevoir ces drôles de motifs ?
Surement les abattus par le sort, la tête baissée, les épaules rentrées ou encore les maladroits, malchanceux ou distraits qui ont chuté sur le parterre glissant ont, eux, pu s'interroger sur
l'origine de ces étranges spirales. La discrétion de leur forme ne les invites pas à la célébrité, elle n'ont ni la taille, ni les motifs connus d'ossement. Les dents terrifiantes d'un
tyrannosaure avec qui elles ont pourtant dominé le monde à cette époque auraient certainement provoqué plus d'émoi. Elles n'auraient d'ailleurs pas fini piétiné ainsi sous les intempéries. Elles
ont régné sur les mers, il y a plus de 200 millions d'années, mais déjà l'injustice de renommée frappait le monde marin. On se rappelle et on frémit encore à l'évocation des grands carnassiers
reptiliens, mais il y a peu de place pour ces drôles « d'escargots énormes » qui pullulaient sur les bords des mers. Leur gloire est passée. Au mieux on se méprendra à penser à quelques
formes archaïques de nos sympathiques et inoffensifs gastéropodes de jardin, certainement pas aux monstres marins tentaculaires des romans fantastiques de Jules Verne. Etape évolutive oubliée
dont il ne reste que l'écho fuyant des talons d'une consommatrice pressée.