blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
"Mathieu voulait garder à l'esprit l'objet de son enquête. Il lui fallait sonner à la bonne porte, à celle qui s'ouvrirait sur ce contact
inespéré, qui lui donnerait ces informations si précieuses pour avancer car, il fallait bien l'admettre, il piétinait. Et face à ces grimaces de la providence, il eut clairement cette hésitation
de revenir au premier sujet qui lui avait été demandé anodin, inodore parfait pour la rubrique santé et bien être du quotidien régional pour lequel il travaillait.
Mais ce matin là gris, en regardant la place déserte de cette ville provinciale où il sédimentait depuis trop longtemps, il sut que cet article était la chance de sa vie, le clin d'œil du destin pour enfin lui permettre de s'arracher à ces vieilles pierres bourgeoises aux intérieurs naphtalinés, aux terrasses de café trop grandes pour l'ennui des ses habitués, et refuser enfin ses abandons quotidiens aux fausses promesses routinières.
Perdu dans ces pensées, il en oubliait presque le froid piquant de ce matin de novembre attendant au coin de cette grande rue, devant la porte austère d'un grand immeuble bourgeois. Non, il n'avait toujours pas tiré le bon numéro, et l'interphone restait désespérément muet. Il se résigna, et se retourna en direction de la grande place où l'attendait le réconfort éphémère d'un bistrot où des anonymes affairés l'aideraient, une nouvelle fois, à laisser partir dans le flot des conversations convenues et du ronron des percolateurs, ses espérances de nouvelle vie.
Il était déjà presque au milieu de la place, avec le pas résigné des habitudes, quand une voix le rattrapa, légèrement étouffée, « Monsieur, monsieur, revenez s'il vous plait.. »..." (à suivre).
Petite fleur et grosse déprime