blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
Comme un air de déjà vu
Mathieu se retourna et levant la tête, aperçut au troisième étage un visage féminin. Il retourna sur ses pas et demanda :
« - bonjour, je viens pour le reportage, j'aurais quelques questions à vous poser,...est-ce que-je peux monter ?
- Oui bien sûr, montez, c'est au troisième ! »
Il poussa péniblement la porte d'entrée immense et massive qui donnait sur un de ces coches intérieurs, communs dans ces immeubles bourgeois du centre ville.
Il monta lentement les escaliers définitivement épuisants, pestant contre la hauteur altière de ses marches. Il y croisa un couple de jeunes étudiantes qui arboraient des tenues légères et des traits fatigués traces certaines d'une nuit courte, intense et très alcoolisée. Il remarqua d'ailleurs quelques mégots et gobelets en plastique disséminés tout au long des escaliers qui témoignaient sans nul doute d'une fête récente dont la fréquentation avait surement surpassé la capacité d'accueil pourtant importante de ces appartements cossus. Il ne put refréner quelques pensées nostalgiques d'une époque pas si lointaine, où lui aussi, dans cette ville éternelle étudiante, avait égaré dans les ivresses nocturnes des promesses d'autres vies.
La veille femme l'attendait sur le seuil de la porte Mathieu salua son hôte soulagé d'arriver enfin, reprenant son souffle en essayant de faire bonne figure et de ne pas trahir son passé assez récent de fumeur compulsif. L'intérieur de l'appartement était égal à ce qu'il aurait pu en imaginer avec une décoration bourgeoise et désuète mais qui restait de bon goût. Quelques éléments trahissaient une préférence certaine pour les voyages et témoignaient d'autres vies sous des horizons plus lointains.
« - Vous prendrez bien un café ? demanda-t-elle »
Malgré l'heure avancée de la journée, Mathieu accepta volontiers en cette période délicate de sevrage où tout palliatif excitant lui était d'une aide précieuse
« - je sais bien que je ne devrais pas en prendre si tard dans la journée mais à mon age on se défait plus ce vieilles habitudes - c'est mon mari qui m'a donné cette manie, il en buvait à toute heure. »
- vous avez eu mon message téléphonique ? » questionna Mathieu.
« - Oui oui bien sûr, mais vous savez je ne sais pas trop si je pourrais vous être d'une grande utilité, c'est surtout mon mari qui s'occupait de ces choses là »
à suivre...