blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
L'homme trônait sur cette croix, les chairs se déchirant sur la pression de son propre poids, de sa propre pesanteur, exhibant sa chair obscène vacillante au regard des autres. Le grand sacrifice avait commencé et le motif de la sentence n'avait aucune importance. Il était là au beau milieu de la foule des âmes affligées, curieuses ou méchantes. Il aurait aimé rire d'un grand éclat lumineux devant le spectacle qui s'offrait à lui, de ces empressements dérisoires devant une inéluctable fin, de ces regards amoureux qui se croyaient absolus mais qui cachaient cette même peur.. De toutes le meurtrissures, ces derniers étaient les plus douloureux tant ils plongeaient profond dans cet amas de chair et de sang, tant ils interrogeaient au delà même, murmurant des paroles froides et bleues et menaçant de leur souffle la flamme qui se pensait éternelle. Alors tous ces mots, toutes ces belles paroles s'évanouissaient dans la douleur soudainement devenue insupportable du métal pénétrant son corps et de l'abandon de ces muscles. Il aurait aimé alors que la grande scène prenne enfin fin, et laisser le grand monde à ces si délicieux mensonges si bien cachés dans les replis de sa chair qu'il avait cru avoir victorieusement quitté. Mais au milieu des armées des pénombres venant lécher sa peau brulante, un regard comme une source salvatrice, comme un feu réconfortant d'une douceur merveilleuse et inattaquable, lui rendit cette certitude qui l'avait quitté un instant. Marie, le regardait les pieds dans la boue, impassible.