blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
L'aigle sait tuer, les vautours attendent l'épuisement. Ils lacèrent les chairs,
insistent patiemment à coup de bec le buffet pour qu'il devienne froid. Ils aiment cette chaleur qui s'estompe et leur ouvre l'appétit et cette nuit venant fait tressaillir leur
chair au souvenir de l'ombre. L'aigle s'en fout. Il est là haut, fasciné par ce spectacle éternel. Les vautours s'obstinent laborieusement à leur tache macabre; pas de répit pour la
souffrance. Pas de coup de grâce libérateur; juste une lancinante rengaine celle du monde malade qui pleure sa fin.
Le marcheur solitaire craint l'aigle qu'il croit vautour; il espère ne pas tomber; mais au moment du sommet de de sa fatigue il oublie de regarder la silhouette salvatrice du rapace en vol, celle qui l'accompagne depuis le début et éclaire son chemin. Car les vautours patauds ne volent pas si haut. Au dessus des nuages, l'aigle lui montre le soleil et le seigneur qui sommeille en lui, au milieu de l'abandon et la liberté légère pour continuer sa route.