Ce matin là Simon se sentait à l'étroit dans cette petite enveloppe qui l'avait abrité depuis si longtemps. Il semblait toucher du bout des doigts cette membrane si résistante, cette peau qu'il
finissait par détester; il suffit d'une phase anodine, dont je ne sais encore par quelle magie elle fit mourir sur ces joues quelques gouttes d'eau salée; cette envie de respirer était si forte,
si dense qu'elle rendait ces gestes incohérents et inefficaces terriblement douloureux. Sa rage ne servait à rien. Et la « mère tristesse » revenait poser sa sale main sur l'enfant
malheureux. Son appétit féroce aurait fait blêmir de jalousie les plus grands géants mais le petit homme restait paralysé dans sa prison de larve. Peut être était déjà trop tard, peut être que la
belle saison était déjà passée; L'illusion d'un autre monde encore une fois ! L'amie colère venait murmurer ses conseils moribonds à l'oreille de Simon.
Mais il se ressaisit, non il n'écouterait plus cette voie de base fosse aux relents nauséeux. Allez la mort ! Il la regarderait enfin dans les yeux. Il la connaissait déjà depuis tant de temps,
depuis le début du monde, depuis l'éternité. Il sentait sa présence dans chacune de ces cellules; qu'importe si les mots étaient inutiles, il ne voulait plus avoir peur d'elle, de cette amie
fidèle aux regard merveilleux, au visage si doux. Il lui crierait à la gueule, à cette vieille baronne, cette injure de Vie, l'arrogance des regains printaniers, avec ce grand sourire qu'il
maniait comme une arme redoutable. Et quitte à être un papillon d'automne, juste une poussière de jour, il irait arracher dans chaque partie de son corps éphémère cette énergie suffisante pour
aller bénir ces cadeaux multicolores de dieu, s'enivrer de ces errances extatiques, juste pour remplir encore une fois l'espace des rires d'enfants émerveillés.