blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
Et si enfin se monde s'effaçait pensait
Simon, si enfin ces murs d'angoisse normés, bien décorés s'effondraient. Il rêva et espéra dans un souffle rageur que s'embrasse la grande ville et commence le grand incendie emportant avec lui
dans des nuages grossiers et généreusement noirs les mensonges de la vielle société. Il rêva que tombent enfin les statues de ces idoles tyrans de nos esprits et de nos rêves et architectes
auto-proclamés de nos horizons. Il rêva que leur face de bons pères bien pensant s'éclatent sur le bitume indifférent et sous les acclamations d'une foule hystérique et baignée des saluts du
soleil nouveau. Il rêva la fuite de ces faux apôtres, ces gens de cours, ces cravatés du quotidien et ces aménageurs de l'espace social ravalant enfin leur arrogance, se terrant comme des animaux
apeurés, et fuyant la vindicte d'une conscience enfin libérée. Il les vit fuir comme des rats dans des couloirs immondes et froids semant dans leur empressement leurs livres de bonne conduite et
de recettes illusoires..Devant la tempête, il imagina ces canotiers du dimanche reprenant enfin leur place de poussifs terriens, laissant l'horizon aux vrais marins, aux fous qui avaient déjà
tant de fois traversé ces océans qui leur faisaient si peur. Simon rêva de ces chutes de lignes, de corps, qui déchiraient l'illusion construite, bien haut dans ces tours de cristal, loin du murmure du monde vivant.
Il pensa alors que c'était peut être cela le grand rendez-vous.