blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
Dans la petite Babylone, Jack ce soir là, ne s'était pas resservi un Cosmopolitan, mais plutôt un de ces picrates blanchis aux sulfites nitreux, doux poison qui tordait ses boyaux. Un hasard de rue l'avait trainé jusque dans cette fête aux coiffures improbables. Découverte fortuite d'un Ades démesuré, carburant aux breuvages mentholés. A défaut de bon goût alcoolique, il pensa qu'il avait au moins le sens de l'ajustement des couleurs. Le rouge et le vert s'épousent certains soirs... Les premières minutes, Jack eut cette envie irrépressible de fuir, prétexter l'amnésie, un incommode transit intestinal, une fatigue subite, ou bien un mal de tête inopportun,..Mais la fuite lui semblait tout de même encore trop visible en ce début de soirée. Puis, doucement, insidieusement l'ensorcellement bachique fit le reste, et la comédie humaine qui se déballait devant lui eut cette capacité de distraction suffisante pour combler cet ennui étreignant qui oppressait ses poumons et lui faisait chercher quelques volutes d'oxygène sur l'espace étriqué des balcons haussmmaniens.
Il n'était d'ailleurs pas le seul à traquer ces oasis mondains. Peut être par solidarité d'ancien tabagique passif, il se retrouva ainsi quelques moments à partager cet espace improbable et trop étroit avec des fumeurs parqués par la vindicte d'un bienséant social. Il apprécia la conversation et la petite communauté ainsi formée aussi. A tel point que l'espace festif intérieur devint de plus en plus lointain et qu'une frontière imaginaire commença ainsi à se dessiner, que certains envieux tentèrent de franchir. Au grand dam de Jack il n'y eut pas de balconisation assumée, pas de déclaration d'indépendance ou de conflit territorial, mais une lente et certaine capitulation face la pression des nouveaux venus, qui l'obligea à revenir dans la grande place des mondains festifs..(à suivre)