blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
Ce soir dans la lueur de la chandelle, il n'avait pas menti. Cela avait duré juste quelques secondes mais comme dans un miroir il avait vu,
apaisé, son vrai visage. Il ne savait pas trop quoi faire de cette apparition. A bien y réfléchir ce n'était pas la première fois. Mais la vision fut claire cette fois-ci, insistante après des
mois d'oubli, d'errance, et d'hésitation quotidienne. Il s'était arrangé un petit calendrier écologique, routinier et rassurant pour ne pas retomber, mais cette discipline régulière semblait si
ridicule face à ce tourbillon en puissance. Il y avait un ennemi à tuer pour libérer cet autre et sa force magique. Ce monstre doux attendait patiemment que le petit garçon affronte sa peur, et délaisse enfin ses vieux jouets ternes et
ridicules. Il avait vu ses yeux, il avait senti son souffle animal, et avait surtout, à en vomir;,vu l'énormité du mensonge chaque jour renouvelé. Il comprenait enfin pourquoi cette tristesse,
pourquoi cette pièce si vide, si froide, pourquoi ces arrangements miséreux et ces bricolages des sentiments. Il était terrifié mais il avait vu ce soir le poids de sa peur, et plus que tout, les
promesses de cette libération. Il l'avait entraperçu seulement et ces chairs molles et faibles avait repris le contrôle avec les injonctions du petit chef qui sentait la fin proche, et priait
pour qu'on lui donne la force de nouvau de regarder dans le miroir.