blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
Arthur en faisant revenir la viande se rendit compte qu'il n'avait plus fait cela depuis très longtemps, à commencer pour lui. L'idée, l'envie lui était venue quand ils rentrèrent du bar, et contemplèrent le désert alimentaire de son placard. Son droit d'ainesse n'avait pas suffit à faire passer sa proposition de plat de lentilles. Et le joli minois qui s'affichait sur ce visage n'avait vraiment rien à voir avec celui d'un quelconque Jacob ou Esaü. Il avait oublié ce simple geste. Oublié le plaisir de la voir manger et la vue plaisante de cette assiette vide. Quand elle partit, et quand il retrouvera la lumière bleue et rugueuse de ces murs usés, il calma cet accès boulimique par une autre platée. Il se surprit alors de trouver ces pâtes délicieuses, comme un signe qu'au milieu des gesticulations de l'homme apeuré s'était insinué une chose magique, un fil d'Ariane qui se riait de ces grandes considérations métaphysiques, des ses jeux d'humours maitrisés, des ses tours de passe passe et de charme, un truc merveilleusement tout simple qui faisait frémir les bouts de viande rissolant, et chanter, au milieu de son gargouillis, le coulis de tomate. Une chose merveilleuse et lumineuse qui faisait et ferait éternellement tourner le monde...