blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
Ils erraient ainsi les soirs de grand été, dans les rues de la petite Babylone suffocante et esseulée. Comme ces animaux aux formes ingrates qui courent sur la grève à marée basse, ils devenaient à la faveur des rues désertes les nouveaux maitres de la ville. Ils marmonnaient souvent des monologues incompréhensibles, l'allure incertaine et le sang réchauffé par des liquides amers. Dieu étaient devant eux et le diable juste à côté. Il les suivait les yeux gourmands, excité par ce festin prochain. Mais comme des princes décadents, haranguant et conviant la foule des rats et des chiens errants à assister au spectacle prochain de leur chute finale, ils éructaient puissants et débonnaires leur poussière d'étoiles sur la face effarée du malin.