blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
La jeune serveuse écoute poliment. La vieille continue son interrogatoire. Sa tenue bourgeoise, son ton poli et agréable ne laisseraient pas de place à la méfiance. C'est un monstre pourtant, insatiable toujours prêt à tenter de se rassasier auprès d'une nouvelle proie, à la quête d'histoires fraiches, de destins de vie nouveaux pour essayer vainement de calmer cette douleur insondable qui la ronge depuis tant de temps. Aucun destin ne peut être joyeux, aucun cœur lumineux, car son âme depuis tant d'années accoutumée à la pénombre ne tolère pas de lumière. Mais comme un animal curieux la voilà qui vient sonder cette lueur fascinante, jusqu'à découvrir que cette lumière n'est la sienne mais celle d'un autre qui se trouve à l'extérieur. Alors la rage dans les mots tranchants elle lacère et déchire ce corps dansant et dans un pincement de lèvres presque imperceptible, à la fin d'une phrase assassine, éteint cette flamme vibrante qui lui est tant insupportable. Elle s'en va. La serveuse semble épuisée et s'allume une cigarette...