blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
Dans leur porcherie j'ai plongé mes mains, joui de ce parfum nauséabond dans la grande fange commune. J'ai d'abord résisté, contre les convenances du calendrier et contre la grande mère prudence. J'ai même oublié de respirer avec eux et de sentir la chaleur et l'odeur de ces corps. J'en ai presque oublié le mien. Et quand ,enfin, au milieu de la grève à marée basse, perdu dans la grande amertume, j'ai vu ces corps blafards ahuris chercher leur chemin alors j'ai ri d'un rire affreux et terrifiant et si bien que je m'en suis laissé retomber pleurant dans les nappes de larmes marines. J'y ai rêvé comme eux d'éclairs dans le ciel et d'espoirs convenus, et comme ces douces sucreries qui calment les angoisses des enfants j'ai respiré goulument cet air de naphtaline heureux de ne plus rien attendre.