blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
C'est pas qu'Arthur avait vraiment peur, c'est plutôt
une envie folle de ne pas poursuivre cette errance sans constance, ce désaveu existentiel permanent. Il lui faudrait du courage, paradoxalement pour fuir. Ne pas reproduire les mêmes erreurs, ne
pas s'engager dans ces voies teintés de faux espoirs, et jouer enfin au enfant terrible. Non ce n'était pas lui qui végétait ainsi dans ce petit espace. Un cohorte d'anonymes griffaient
désespérément les vitres de leur prison de verre. Il n'avait pas de temps à perdre avec ces appels auquel il ne pouvait de toute façon répondre. La suite se dessinait déjà, partir, ne pas
s'attacher à des lambeaux d'habitudes qui le retenaient, à ces fausses exigences sociales. La baronne ne l'y reprendrait plus à ces jeux de dinettes pour adulte avec ces caprices de jeune fille
gâtée hantées par la mort et la solitude. A ce duc déchu, que pouvait-il dire ? que cet éclat de soleil était juste pour lui, une bénédiction, une grâce, un sourire du destin, si simple si
sincère, que les mots pour le montrer paraissaient forcement naïf. Devait-il lui hurler que son orgueil était ridicule, que ces mots "couperet" ne changeaient rien à cette évidence. Arthur
regrettait encore ce numéro de cirque de son ego et de ses chairs, de son cœur palpitant d'enfant solitaire qui l'avait meurtri et blessé. Non ce n'était pas ici que l'on s'arrêtait. Pas devant
cette porte même entrebâillée qui laissait deviner la fraicheur bienveillante et hospitalière d'une belle demeure. Non ce serait encore un arrêt illusoire. Il fallait tracer la route et
continuer.