blog de Joachim, du balai Joachim, du balai ! humeurs poétiques de Jack, Simon, Arthur, Moris et autres moins connus
Sur le quai de la gare déjà désespérément vide, le cœur encore plein de colère contre lui même, Simon se rendit compte combien sa vie s'était jouée le plus souvent « à un poil près ». Il prit conscience comment à chaque instant, il flirtait avec le vide et l'échec, suivant ce pas qui lui semblait tant incertain et immense. Il s'était habitué à cet exercice permanent, et en avait fini par oublier l'importance. Mais la conscience lui revenait certaines fois, comme au hasard d'un rendez vous ou d'un train manqué. Ce fut le cas ce matin là, les traits marqués par une nuit courte et angoissée, il se souvint et se rendit compte alors combien son existence était fragile. « A un un poil de cul près », il prenait ses trains, il écrivait le bon texte, il articulait judicieusement les articles de cet ouvrage à publier et en trouvait le « fil rouge ». A un poil près, il s'inscrivait à cette formation ou décidait de pousser ce cri de naissance le visage bleui par l'apnée sous le regard terrifié de sa mère et de ses proches. A un poil près, il sortait de cette digue faisant le grand plongeon, à un poil près de l'eau cercueil. A un poil près, il n'avait pas pris ces petites pilules en plus pour suivre le grand sommeil. Il se rendit compte alors combien sa présence dans ce monde était un permanent miracle rendu possible par ""cette main amie, qui le retenait ou lui donnait cette impulsion salutaire pour avancer.